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L'homme face à l'intelligence artificielle - Jean-Dominique Warnier



J'ai quitté la France à 49 ans avec une valise de 20kg soit bien peu de choses sourire et une vie épurée, débarrassée de tout ce superflu qui alourdit plus qu'il n'enrichit. Ce petit livre abandonné avec quelques cartons chez ma mère a fini par me revenir quelques années plus tard, avant que sous mon conseil elle ne se débarrasse de tout le reste.

J'ai une dette envers Jean-Dominique Warnier, du respect, et de la reconnaissance. Que ce soit avec sa méthodologie LCP (Logique de Construction de Programme ou LCS (Logique de Construction de Système) il a structuré ma pensée afin que je me fasse comprendre d'une machine. Il m'a appris à faire des décompositions hiérarchiques et à progresser de boucle en boucle pour venir à bout de mes développements et projets. Certes avec le temps et l'expérience on développe tous nos propres outils conceptuels, mais j'ai souvenir quelques fois à mes débuts, un peu paniqué de ne pas trouver comment m'en sortir, de m'être dit "du calme on repart à zéro et on ouvre l'accolade" comme je l'avais appris, ce qui m'a sorti des impasses dans lesquelles je m'étais fourvoyé.

L'homme avait une étique, il pensait que nous autres informaticiens (nouveau métier que nous défrichions) avions une responsabilité. Que nous devions faire attention à ce sur quoi nous travaillions et que nous devions refuser de travailler quand ce n'était pas pour le bien de l'humanité.

A l'époque on formait des bataillons d'informaticiens pour mettre le pays à l'heure du numérique. Comme beaucoup d'autres je me suis prostitué pour de l'argent pour faire vivre ma famille, en faisant taire mes principes et mes idéaux et je n'en suis pas fier, mais avais-je le choix ?

L'informatique est une science merveilleuse. Bien utilisée elle permettrait par exemple de venir à bout de la faim dans le monde, en aidant à réduire drastiquement tout gaspillage et en affectant judicieusement toute ressource. Si nous avions affecté autant de ressources au bien de l'humanité, plutôt qu'à consacrer cerveaux et investissements au trading à haute vitesse ou autres obsessions du même type dans le seul but de créer de la richesse ou de la domination de l'homme sur l'homme, notre monde serait différent.

Tout en regardant par mes fenêtres toute cette agitation, je ne peux m'empêcher de penser que tant qu'il restera un homme bon ici bas, ce monde méritera d'être sauvé. C'est ce qu'il nous reste à faire et à toujours encourager.


JD Warnier






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