Positif

Chauffeur de bus scolaire


Voilà déjà une dizaine d'années que je chauffe un bus scolaire. Ce n'est pas un métier pour tout le monde c'est sur. C'est quoi ? Et bien je vais vous décrire, en menu, la journée typique la plus conventionnelle et professionnelle afin que vous vous faisiez votre idée.

Levé 2h 3h du matin sourire Je suis du matin, tant mieux ! Ce qui me laisse un peu de temps pour vaquer à mes activités virtuelles et deux bons cafés. 5h rasage, douche. 5h30 Sortir la voiture du garage et direction le parking du bus, environ 15' de voie rapide, à cette heure la ça circule bien. Inspection du bus par tous les temps et à la lampe électrique : de toutes les innombrables ampoules, freins, niveaux des liquides etc... L'inspection est une procédure rodée et complète de sécurité. En cas de problème il faudra faire réparer. Noter le kilométrage, le lieu, l'heure de l'inspection et signer. Je prends la route.

6h20 Je prend position sur un parking non loin de mon premier stop. A cette heure matinale il n'y a personne et il fait nuit. Je passe un coup de balai dans le bus en partant du fond. J'écoute les informations sur radio canada à la radio de bord, tout en faisant trois parties d'échecs sur ma liseuse. Soit je lui met une raclée, soit il me remet à ma place, c'est selon le jour, c'est le fun et ça détend. 7h10 Je me parque en vue du dernier feu avant mon premier stop, 7h16 je me synchronise avec le feu 7h17 je commence la cueillette. J’enchaîne une dizaine de stop identiques judicieusement positionnée sur ma route, faisant à chaque fois monter dans le bus mes petits étudiants (qui sont grands pour cette première école). Certains je les connais depuis très longtemps, quand ils étaient encore des tout petits que les parents attendaient au stop, j'en ai fait bien des routes depuis, et je les retrouve, on se connait sourire. J'adore les matins c'est le paradis de ce métier, c'est excessivement simple, on charge et on déverse tout à l'école sous la surveillance d'un professeur. Le matin le plus souvent les enfants sont assez calmes ou pas réveillés. Entre mes deux premières écoles pas de temps à perdre pour être pile poil à l'heure. A ce stade je suis au top, bien réveillé et concentré sur la conduite et la circulation. Entre la deuxième école et la troisième et dernière j'ai environ 6 minutes de battement ou je laisse refroidir le bus. 9h J'ai fini ma matinée, je gare le bus sur un parking pas trop loin de chez moi et je rentre à pied. Je suis bon pour manger un petit truc et faire une sieste afin d'être au top pour l'après midi.

13h30 Je retourne à mon bus, je me gare sur le parking de l'école à ma place car nous serons 8 bus alignés. Je refais trois parties d'échecs et en général le résultat est l'inverse de celui du matin. 14h30 Les grands s'échappent de l'école et se ruent dans le bus, j'essaie de saluer tout le monde et suis plutôt content qu'un bon tiers daigne me répondre sourire 14h40 C'est parti ! Je fais les stop, c'est un bus de grands donc pas de parents et ils savent ou descendre. Il me reste deux écoles à faire pour finir ma journée. C'est celles qui me demandent le plus d'attention.

Tous les jours j'ai toutes les peines du monde à rallier dans les temps mon avant dernière école ou c'est la déferlante : Jusqu'à 19 tout petits, donc présence obligatoire des parents pour les accueillir à la descente du bus. (vous ne laisseriez pas un tout petit bout, haut comme trois pommes, tout seul dans la neige, non ?). Tant que vous avez des stops avec 2 ou 3 enfants ça va. Un coup d’œil suffit, on voit le parent, on échange trois mots. Si un parent n'est pas la, je garde le petit à bord et je demande par radio à ce qu on appelle le parent au téléphone, soit il arrive, soit je ramène le petit à l'école à la fin du run. Sur un stop j'ai 8 petits qui descendent, pour m'y retrouver j'emploi une technique personnelle qui me permet de passer ensuite de bonnes nuits paisibles : Je bloque le passage vers la sortie d'un bras et je demande si il y a quelqu'un pour lui, j'attends que les parents se manifestent ou que le petit les pointe avant de laisser passer. C'est le mieux que j'ai trouvé niveau sécurité efficacité.

16h15 Je viens de livrer mes derniers enfants le bus est vide. Rallier le parking de nuit, en prenant le plus rapidement possible la voie rapide. Garer et sécuriser le bus entre les autres. Direction le travail de Chantal avec comme objectif y être à 16h45. 17h on est à la maison sourire Voilà c'était une journée d'un chauffeur de bus, la base stable sur laquelle se greffe systématiquement une multitudes de petits ou grands imprévus plus ou moins prévisibles ^^



  Jp 03 novembre 2018   


Commenter
Partager

Twitter Facebook Google Plus Linkedin email Flux rss